Anima, roman chef d’oeuvre de Wajdi Mouawad

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Je vous ai déjà parlé de Wajdi Mouawad. J’ai parlé de lui comme metteur en scène incroyable de Sophocle, puis comme dramaturge hors du commun en évoquant sur ce blog sa tétralogie théâtrale Le Sang des promesses. Je pensais en avoir fini avec son génie et voilà que je lis Anima, l’un de ses trois romans (Mouawad est moins prolifique dans l’écriture romanesque que théâtrale). Je ne saurais être suffisamment dithyrambique pour vous inciter à le lire.Usons plutôt de l’injonction : LISEZ ANIMA ! Vraiment. Il fera sans aucun doute partie des livres qui traversent les siècles, si prochains siècles il y a.

Voici ce que dit la quatrième de couverture, qui peut-être vous mettra l’eau à la bouche : 

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La tétralogie théâtrale de Wajdi Mouawad : Le Sang des promesses

J’ai parlé récemment ici d’un des 4 livres qui compose la première tétralogie théâtrale de Mouawad. En effet, j’ai lu le volet numéro 2 : Incendies, il y a quelques semaines et j’ai été envoûtée par le théâtre du franco-libanais, théâtre contemporain qui plus est !

J’ai depuis avalé les 3 autres volets de cet ensemble et aucun ne m’a déçue. J’en fais ici de courts résumés pour vous donner envie de les lire.

Les 4 volets, s’ils sont violemment, puissamment, liés ensemble par les thèmes de la mémoire, des racines, de la famille, de l’Identité, de l’histoire personnelle et de l’Histoire universelle ; ne sont pas narratifs, c’est-à-dire qu’on peut  les lire dans le désordre.

Cependant, j’encourage tout de même le lecteur à bien lire Ciels, le volet numéro 4, en dernier. Il est très différent des autres. Plus tragique que lyrique. Moins poétique. A mon sens, il doit forcement clore les 4 livres.

Le sang des promesses : Tome 1, Littoral

En apprenant la mort de son père inconnu, qu’il retrouve à la morgue, l’orphelin Wilfrid décide de lui offrir une sépulture dans son pays natal. Commence alors un voyage au bout de la nuit qui le conduit vers un monde dévasté par les horreurs de la guerre, où les cimetières sont pleins, où les proches de cet homme rejettent sa dépouille, qui terminera son périple dans les bras de la mer. A travers les rencontres douloureuses qu’il fait à cette occasion, Wilfrid entreprend de retrouver le fondement même de son existence et de son identité.

Le Sang des promesses : Tome 2, Incendies

Lorsque le notaire Lebel fait aux jumeaux Jeanne et Simon Marwan la lecture du testament de leur mère Nawal, il réveille en eux l’incertaine histoire de leur naissance : qui donc fut leur père, et par quelle odyssée ont-ils vu le jour loin du pays d’origine de leur mère ? En remettant à chacun une enveloppe, destinées l’une à ce père qu’ils croyaient mort et l’autre à leur frère dont ils ignoraient l’existence, il fait bouger les continents de leur douleur : dans le livre des heures de cette famille, des drames insoupçonnés les attendent, qui portent les couleurs de l’irréparable. Mais le prix à payer pour que s’apaise l’âme tourmentée de Nawal risque de dévorer les destins de Jeanne et de Simon.

Le sang des promesses : Tome 3, Forêts

En remontant le fil de ses origines, Loup ouvre une porte qui la conduira au fond d’un gouffre, car là se trouve la mémoire de son sang : une séquence douloureuse d’amours impossibles, qui va d’Odette à Hélène, puis à Léonie, à Ludivine, à Sarah, à Luce, et enfin à Aimée, sa mère… On dirait bien qu’un mauvais sort a décimé cette famille, l’a lancée dans le train des malheurs et l’hallali des grands soirs, au coeur de la forêt des Ardennes. Mais Loup est courageuse, elle veut tordre le cou au destin, lui faire cracher son fiel afin de casser le fil de toutes les enfances abandonnées.

Le sang des promesses : Tome 4, Ciels
Isolée dans un lieu secret, l’équipe internationale de l’opération Socrate scrute le ciel et cherche à décrypter les messages invisibles que des terroristes y envoient. Quand l’un de ses membres se donne la mort pour des raisons obscures, ce ciel de toutes les voix et de toutes les nations s’assombrit davantage : se pourrait-il que la beauté du monde enfante elle-même les démons de sa destruction, que l’Annonciation du Tintoret serve de motif à une tapisserie de l’horreur ? Dans une géographie du sang d’une épouvante totale, un audacieux art poétique de la violence prend forme, où s’agrègent les mensonges des dieux et les maux des fils d’aujourd’hui.

Malheureusement, aucune captation vidéo n’existe de ce quatuor, aucune représentation n’est prévue prochainement… J’espère qu’un metteur en scène, ou Wajdi Mouawad lui-même, remettra très vite en scène ce spectacle. En attendant, nous pouvons toujours le lire et le relire.

Incendies de Wajdi Mouawad #leslivresàlireabsolument #théâtre

Longtemps que je ne m’étais pas pris une claque littéraire. Il a fallu attendre Wajdi Mouawad cette année pour que cela arrive de nouveau. Pourtant, Wajdi Mouawad, je le connaissais déjà. C’est lui qui m’a fait vivre cette expérience incroyable de rester assise 6 heures d’affilées dans une salle de théâtre, à Lyon, pour regarder son adaptation de Sophocle, son cycle des femmes : Antigone, Electre et Déjanire. Sublime metteur en scène donc, ça, c’était certain. Mais quel auteur aussi ! Il a fallu qu’une collègue m’explique travailler une des pièces de la tétralogie de Mouawad avec ses élèves pour que je me rappelle qu’il écrivait aussi, en plus de mettre en scène les classiques. Et puis une visite chez mon libraire, samedi, et Incendies, le deuxième volet de la tétralogie théâtrale de Wajdi Mouawad qui se retrouve sous mon nez, par hasard, sur une table. Je lis au dos que la tétralogie n’est pas narrative et qu’on peut donc entrer dedans sans passer obligatoirement par le volet 1. C’est alors parti pour le tome 2 : Incendies. Sublime, puissant, si étonnant pour du théâtre actuel. C’est aussi fort qu’une épopée classique mais avec une écriture actuelle et poétique. C’est du théâtre épique contemporain. C’est compliqué et simple aussi. Un classique à venir.

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Incendies est donc le deuxième volet, après Littoral, du cycle Le Sang des promesses du dramaturge et metteur en scène Wajdi Mouawad, né au Liban. Voici ce qu’en dit la quatrième de couverture :

Lorsque le notaire Lebel fait aux jumeaux Jeanne et Simon Marwan la lecture du testament de leur mère Nawal, il réveille en eux l’incertaine histoire de leur naissance : qui donc fut leur père, et par quelle odyssée ont-ils vu le jour loin du pays d’origine de leur mère ? En remettant à chacun une enveloppe, destinées l’une à ce père qu’ils croyaient mort et l’autre à leur frère dont ils ignoraient l’existence, il fait bouger les continents de leur douleur : dans le livre des heures de cette famille, des drames insoupçonnés les attendent, qui portent les couleurs de l’irréparable. Mais le prix à payer pour que s’apaise l’âme tourmentée de Nawal risque de dévorer les destins de Jeanne et de Simon.

Cette pièce est surprenante de part les thèmes abordés, si nombreux : la mémoire, l’identité, la guerre, la mythologie, l’histoire et l’Histoire mélangées…. Pour aller plus loin dans l’analyse, un lien vers une étude universitaire de l’épique contemporain dans cette pièce. Et pour les profs qui souhaiteraient travailler Incendies avec leurs élèves, une belle séquence de travail. 

Pour les cinéphiles, il est aussi possible de voir l’adaptation cinématographique datant de 2010 d’Incendies que je compte regarder bien vite :

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Quant à moi, je fonce chez mon libraire commander les trois autres volets de cette tétralogie théâtrale.