Vu au théâtre en décembre

Huis Clos de Sartre, mise en scène Sven Narbonne. 

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Huis Clos, c’est l’histoire de trois personnes qui attendent dans l’antichambre de la mort. Une chose les réunit : les horreurs qu’ils ont fait subir aux autres de leur vivant. De fil en aiguille, les langues se délient, chacun prenant conscience qu’il ne peut s’échapper de ce purgatoire et qu’il est inutile de (se) mentir. Personne n’est ici par hasard, tout a une justification.

Pièce ultra connue de Sartre d’où la langue tire la maxime « L’Enfer, c’est les autres », Huis Clos n’est pas une pièce simple à interpréter, essentiellement à cause de cette popularité du texte. On peut vite s’y casser les dents. D’autant que l’Espace 44, petite salle des pentes de Lyon où se jouait la pièce en décembre, est vraiment toute petite et ne permet que peu d’excentricité en terme de mise en scène.

La jeune troupe qui s’y est attelée offre un joli spectacle même si, de temps à autre, on a peur pour certains acteurs. C’est parfois sur-joué, parfois très bon, selon les comédiens. Du coup, ça laisse une impression en demi-teinte.

L’enterrement (Festen…la suite) de Thomas Vintenberg, mise en scène Daniel Benoin. 

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Du grand spectacle aux Célestins, avec une grande mise en scène, beaucoup beaucoup de décors et des acteurs plus habitués aux petits et grands écrans qu’aux planches (Mélanie Doutey, Samuel Le Bihan, Mathilda May). Une pièce écrite par un cinéaste (Thomas Vintenberg, comparse de Lars Von Trier) pour faire office de suite au film Festen.

Les acteurs sont bons, la mise en scène très réussie. Ca sauve le texte franchement moyen. Trop cinématographique ? Beaucoup trop de « putain » et de « fais chier » qui casseraient presque l’illusion théâtrale. Une utilisation futée de l’écran qui fait apparaître le père disparu (la mise en scène encore). Une fable noire qui ne laissera pas de traces dans les esprits sinon celles d’un bon moment passé au théâtre. Car on rit beaucoup pour un sujet aussi noir que l’inceste. On rit beaucoup et on admire le jeu d’acteur et la mise en scène, pas la pièce en elle-même.