L’école numérique #1

Parmi les volontés de Peillon, il y a celle de développer dans l’école l’utilisation du numérique et même de créer une sorte de révolution numérique. Dans mon lycée, 100 % des salles sont équipées d’un vidéo-projecteur, et je crois qu’environ 80% des profs s’en servent, toutes matières confondues. 

Image

Seulement, je m’interroge toujours sur les limites de cette utilisation. Certes, il y a un grand écran à la place du tableau noir mais les élèves, eux, écrivent toujours sur un cahier (et c’est tant mieux !). 

Dans mes cours, en français, je projette le texte à étudier sur l’écran. Ca marche bien. C’est beaucoup plus ludique. Moins contraignant que de toujours avoir à chercher le passage dont on parle dans le livre. Les élèves accrochent mieux, sont plus attentifs, et plus participatifs. Mais je suis dans un « bon » lycée, avec des gamins de toute façon au travail, pas sûre donc que cela fonctionne si facilement ailleurs. Et puis, quoi faire d’autres ? 

Le lundi de la rentrée, les profs qui n’ont pas cours ce jour, assistent à une formation TICE au nouvel ESPE (ancien IUFM). J’en attends beaucoup, et j’ai donc peur d’être déçue. J’y vais avec des à priori du genre : « ils vont nous apprendre à envoyer un mail groupé à plusieurs collègues en même temps… » 

En attendant, la recherche, elle, ne manque pas de développer son approche des TICE à l’école. Seulement, je suis encore une fois surprise par le manque de lien entre université et terrain. Et si un chercheur venait régulièrement parler de ses trouvailles DANS les lycées, les collèges, les écoles élémentaires ; directement aux professeurs, dans leur salle, pourquoi pas avec les élèves. 

Bien sûr, il y a les choses évidentes : créer un blog avec les élèves, un site de prof ; pour avoir tenté l’expérience il y a deux ans avec une classe de première, le blog participatif fonctionne bien, même si on court après les billets de blog comme on court après les copies rendues en retard. Pour eux, c’est du travail, donc de la contrainte. 

En réalité, hors de la classe, je conçois totalement la facilité de mise en place des TICE : ce sont des prolongements du travail fait à l’école (site de prof, blog pour les élèves, cahier de texte en ligne, site de liens pour développer les savoirs) ; mais à l’intérieur de la classe, dans ma matière notamment, j’ai des doutes. Au-delà de la projection des textes et des images étudiés sur l’écran…. Que faire ? Je parle du lycée ici évidemment, la problématique est tout autre au collège et en primaire et c’est peut-être la première chose à changer : pourquoi continuer de parler des TICE à l’école alors que leur développement devra forcement être très différent selon les niveaux ? Finalement on n’enseigne pas la même chose. En français, on enseigne davantage la grammaire et l’orthographe au collège et davantage la littérature au lycée, les exercices sont donc très différents. Ne faudrait-il pas créer trois ou quatre problématiques différentes ? Les TICE au collège, au lycée, en primaire, en lycée pro, etc.  

Et puis je ne peux pas m’empêcher de penser que le souci est ailleurs : dans les classes surchargées. Quand on fait cours à 35 élèves, on n’a pas la possibilité d’aller chercher ceux qui dorment. Parfois on le fait, parfois on doit avancer alors on les laisse dormir… Car concernant les TICE, j’aurais tendance à croire que les choses se font d’elles-mêmes : les nouveaux profs utilisent plus facilement l’écran, et par exemple en lettres, l’étude de l’image et du texte se modifie grâce aux projections et aux vidéos que l’on utilise, et cela assez naturellement. 

Un blog très intéressant de prof de français canadien qui utilise beaucoup les TICES dans son enseignement : http://www.davidmartel.com/

Mais il faut ici préciser quelque chose : au Canada, les élèves du secondaire ont un cours intitulé « Initiation à l’informatique », cours dans lequel on leur parle de facebook, de google, des applications et de la juridiction numérique, protection des droits d’auteur, cyberintimidation… Peut-être faudrait-il commencer par ça chez nous aussi ?