« S’abandonner à vivre » de Sylvain Tesson

Devant les coups du sort il n’y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l’on fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s’abandonne à vivre. C’est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit.

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Journal d’une femme de chambre, film de Benoît Jacquot d’après le livre d’Octave Mirbeau

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Je n’ai jamais lu Octave Mirbeau. Rien de l’auteur de la fin du XIXème siècle. Je ne connaissais d’ailleurs pas grand chose de lui sinon son nom. C’est d’abord ça qui m’a encouragée à aller voir le film de Benoît Jacquot, réalisateur très littéraire (il a adapté La Vie de Marianne le roman de Marivaux, notamment) : mon ignorance. Une fois dans la salle, j’avais pourtant peur de m’ennuyer. Le titre n’est pas très sexy. L’affiche présente une jeune femme de dos en tenue de servante du XIXème. Le tout laisse imaginer l’histoire probablement sinistre d’une pauvre fille sans le sous à la fin du siècle. Que nenni ! Journal d’une femme de chambre, qui paraît-il est une adaptation cinématographique très fidèle du livre de Mirbeau s’avère être un sublime portrait de femme, doublé d’une fresque sociale et d’une critique de l’aristocratie de l’époque. Grandiose ! Vient s’ajouter à cela le traitement cinématographique : réalisation, façon de filmer de Jacquot qui s’approchent presque de l’art pictural. Certains plans ressemblent à des tableaux. Quant aux gros plans serrés de Léa Seydoux qui joue majestueusement la femme de chambre : des portraits qui font immédiatement penser à des tableaux de Vermeer !

Ce film est une oeuvre d’art entre littérature, cinéma et peinture. Psychologiquement, esthétiquement et moralement fort. Et puis cette fin surprenante qui ne gâche rien…

Le résuméDébut du XXème siècle, en province. Très courtisée pour sa beauté, Célestine est une jeune femme de chambre nouvellement arrivée de Paris au service de la famille Lanlaire. Repoussant les avances de Monsieur, Célestine doit également faire face à la très stricte Madame Lanlaire qui régit la maison d’une main de fer. Elle y fait la rencontre de Joseph, l’énigmatique jardinier de la propriété, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.

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Journal d’une femme de chambre au cinémaLe Journal d’une femme de chambre, paru en 1900, a été porté quatre fois à l’écran : en 1916, en Russie, par M. Martov ; en 1946, par Jean Renoir, aux États-Unis et en anglais, sous le titre Diary of a Chambermaid ; Le Journal d’une femme de chambre, en 1964 et en français, par l’Espagnol Luis Buñuel, avec Jeanne Moreau et Michel Piccoli dans les rôles principaux. Il s’agit, dans les deux derniers cas, de très libres adaptations du roman, celle de Jean Renoir étant particulièrement infidèle. La quatrième adaptation, due à Benoît Jacquot, avec Léa Seydoux et Vincent Lindon dans les deux rôles principaux, est, elle, fidèle au livre de Mirbeau.

97820711Pour aller plus loin : Lisez Le Journal d’une femme de chambre de Mirbeau, regardez le DVD du film de Bunuel Journal d’une femme de chambre… ou filez au cinéma voir la version de Benoît Jacquot !