Le Serrurier volant de Tonino Benacquista

Marc est un gars qui a une histoire, de ces histoires qu’on ne raconte pas volontiers. Pour le dire autrement, Marc est un gars plus fermé qu’une serrure inviolable. Pour se relever – parce qu’il faut bien se remettre sur pied quand on survit à une catastrophe – il choisit de devenir serrurier. Ce nouveau métier lui donne l’occasion d’ouvrir pas mal de portes et de découvrir, par ce biais, les petites misères de ses congénères. Un jour, un client lui fait une drôle de demande qui va le faire renouer avec ce passé qu’il ne parvient pas à oublier.
Aux commandes de ce roman noir, illustré, deux maîtres : Benacquista pour le scénario et Tardi pour le dessin.

Fan du second, j’ai découvert le premier avec beaucoup de plaisir. Plume acérée dont le rythme m’a parlé dès les premières pages, narration étonnante, personnage à la psychologie  fine : on plonge dans le court roman de Benacquista et on en ressort 2 heures plus tard avec la sensation d’avoir passé un vrai bon moment.

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Ici, les illustrations sont une vraie valeur ajoutée à l’écriture. Les unes se lient aux autres et participent du suspense : la complicité entre l’auteur et l’illustrateur est palpable entre les pages, les mots de l’un, les dessins sépias de l’autre.

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Si ce livre de Benacquista n’est qu’un amuse-gueule, Malavita est paraît-il son chef d’oeuvre. A noter sur la liste des livres à lire donc…

L’Univers farfelu d’André Malraux

On sait généralement d’André Malraux qu’il a été ministre de la culture sous De Gaulle entre 1959 et 1969, on sait qu’il a écrit La condition humaine (encore un livre qu’il me faut lire !) ; mais on sait moins combien il était autodidacte, libre, résistant, grand mythomane aussi (rappelons-nous cette phrase de La Condition humaine qui explique un peu les affabulations de Malraux : « Ce n’était ni vrai, ni faux, c’était vécu »). On sait moins combien il était artiste, un artiste complet, de la plume au crayon : un dessinateur gribouilleur de génie. Je l’ai découvert en tombant par hasard, à Lille, sur un livre qui n’a pas fait grand bruit mais dont la belle physionomie a attiré mon attention.

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Préfacé par la seconde femme de Malraux, Madeleine, qui n’était autre que la veuve du frère d’André, et par son neveu, Alain Malraux, ce livre poétique mélange citations, poèmes, dessins et croquis du grand écrivain. C’est là qu’on découvre combien le trait de Malraux est subtile, post-surréaliste, combien il emmène en voyage.

C’est un beau livre qui se lit moins qu’il ne se regarde, presqu’un livre d’images dans lequel on pioche et à partir duquel on laisse son esprit vagabonder à travers les 200 croquis-dessins inédits de Malraux.

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L’univers farfelu d’André Malraux