Réflexions sur l’école : Des contemporains qui l’accusent, de la réalité, de la possibilité d’enseigner le français en collège et lycée à partir des très à la mode « pédagogies nouvelles » et des classes sociales…

L’école m’a construite, en partie. Tout du moins, elle m’a appris ce que je sais. Je suis totalement en adéquation avec ce qu’on appelle à tort les nouvelles pédagogies, c’est-à-dire les pédagogies Montessori, Freinet et Steiner, très, très à la mode aujourd’hui. Le hic, c’est que j’ai l’impression que ces deux affirmatives s’opposent, qu’elles ne peuvent pas cohabiter. On ne peut pas aimer l’école, la respecter surtout ET défendre les pédagogies dites nouvelles. Ça, ça fout le bordel dans mon esprit de prof. Je sais que le système scolaire est bancal, la faute, entre autres, à la démocratisation (massification) de l’accès à l’enseignement dans les années 60 sans changement majeur de l’organisation dudit système. Le système scolaire doit donc certes être modifié mais comment fait-on cela si la majorité des parents pensent profondément que l’école fait la misère à leurs enfants ?

Ces derniers mois j’ai entendu de nombreuses réflexions sur l’enseignement français public, nauséabondes ou naïves, mais toujours négatives. La nounou de ma fille, 5 enfants, un mari au chômage, un seul salaire d’assistante maternelle à la maison, de confession musulmane : « Moi j’ai mis les deux derniers dans le privé.

– Le privé catholique ?

-Oui. 

– Mais pourquoi ?

-Dans le public, ça se passait pas bien dans le quartier.

-Ah bon, trop d’enfants en difficulté ? difficiles ?

-Non, c’était les profs.

-Enfin, bon, ce sont les mêmes profs dans le privé et le public. On est tous gérés par le même ministère, payés par les mêmes services, on a passé le même concours, suivi les mêmes formations.

-Ah peut-être ! Mais c’est pas pareil !

-M’enfin, pourquoi ?

-Bah dans le privé les profs s’investissent plus (moue et tête qui se balance d’avant en arrière pour appuyer ses propos).

-Vous êtes sûre ? (ton ironique parce que bon elle connaît mon métier…)

-Bien sûr ! C’est certain. Les profs du privé sont plus motivés. Ils s’investissent vraiment eux.

Je n’ai pas changé de nounou, j’ai arrêté de parler de l’Education Nationale avec elle. Une copine inscrit quant à elle ses enfants à la rentrée dans une école alternative qui pratique les pédagogies « nouvelles ». Dans l’absolu, j’approuve. Pourquoi pas. Elle peut se le permettre financièrement. Sa fille est une très bonne élève. Je ne connais pas le rapport qu’a son fils à l’école. Mais je me demande encore ce qui a provoqué cette réflexion chez elle : « Depuis que j’ai validé leur inscription pour septembre prochain, je suis soulagée, je sais qu’ils ne seront pas cassés par l’école ». Cassés, putain. Franchement, entendre ça quand on est prof… Evidemment elle a précisé sans que je ne lui demande rien qu’elle trouvait le travail des profs dans l’ensemble parfait mais que le système, le carcan du système, lui posait problème. « Les profs font ce qu’ils peuvent ». Ouais.

Une amie a inscrit sa fille dans une école privée parce que là où elle habite, « les écoles ont vraiment mauvaises réputations ». Je travaille en REP, j’ai bossé en REP+, je comprends son raisonnement. Cependant elle s’en félicite : « C’est mieux ». Mais en quoi ? « Ils sont moins par classe ». Après vérification, c’est faux. Ils sont autant par classe dans cette école que dans une école primaire publique classique. « Ils font plus de choses ». Bon. Enfin, ça, ça dépend du prof. Et on est de nouveau à deux doigts de dire que les profs du privé sont « plus investis, et blablabla » (je rappelle à ceux qui ont sauté des lignes que les profs du privé et du public ont les mêmes formations, diplômes, ont passé les mêmes concours…etc.).

Cracher sur l’école publique, c’est devenu la doxa. Malheureusement, ce discours là est anxiogène, contreproductif. Je n’enseigne pas depuis longtemps. Je ferai ma sixième rentrée dans le public en septembre. Cependant, hormis les profs en fin de carrière qui n’en peuvent plus (mais c’est la même dans tous les corps de métier non ? ), je n’ai croisé que des profs motivés, désireux de donner le plus, de déclencher quelque chose, n’importe quoi, dans l’œil de leur élève, de transmettre, d’encourager, de construire. Si vous saviez le nombre de projets qui se montent chaque année, si vous saviez le temps passé parfois sur un cours d’une heure par la majorité des professeurs, etc., etc.

Connaissez-vous la première raison qui pousse ma copine à inscrire ses enfants dans une école alternative pour ne pas qu’ils soient « cassés » ? Savez-vous pourquoi mon amie est contente d’avoir finalement choisi le privé pour sa fille au lieu des deux établissements voisins qui avaient mauvaises réputations ? Savez-vous ce qui a poussé ma nounou à se saigner pour mettre ses deux derniers dans le privé ? Le public. Pas l’école publique. Le public de l’école. Sa  fréquentation. Bah ouais, rien d’autre. Je ne leur jette pas la pierre, je l’ai déjà dit, j’enseigne actuellement en REP, j’ai enseigné en REP+ et la première chose que j’ai faite lorsqu’on a acheté notre future maison, c’est de vérifier que le collège et le lycée de secteur étaient bien classés. C’est le cas, ouf. J’ai entendu une autre de mes amies, elle a 4 enfants, dire récemment que ses 4 enfants avaient été scolarisés à l’école publique de la maternelle au lycée et qu’elle avait été ravie, vraiment ravie, de l’éducation qu’ils avaient reçue. La différence entre elle et les 3 autres dont je vous ai précédemment parlé ? Le quartier. La dernière habite le quartier le plus bobo des quartiers lyonnais. Je ne dis pas qu’elle aurait fait autrement si elle avait habité dans le 8ème, à côté de Longchanbon (pour un prof de la région, le collège Longchanbon, c’est un peu la porte de l’Enfer), je dis juste qu’elle n’a pas eu à se poser la question.

Et donc, CQFD. Ceux qui distillent leur haine du système scolaire se trompent : c’est la diversité qu’ils détestent, la possibilité pour leurs enfants de se retrouver en classe avec des gamins qui ne savent pas lire ou écrire parce que leurs parents sont analphabètes, qui ne savent communiquer qu’en insultant parce que c’est comme cela qu’on leur parle à la maison, qui ne savent pas se concentrer ou apprendre parce qu’on les a trop désaxés à tous les autres niveaux cognitifs. Il faut donc appeler un chat un chat. Le système scolaire n’a rien à voir là-dedans. A ce niveau là, la seule chose qu’on peut lui reprocher, au système scolaire, c’est d’accentuer les ghettos pour sauver les bobos en créant des collèges REP et REP+.

Et donc les nouvelles pédagogies

Après, il y a tous ceux qui hurlent qu’on enseigne pas dans le bon sens et que insérer du Montessori dans toutes les écoles de France sauverait le fameux système. Ceux là me font douter parce que je crois qu’il est dangereux de jeter le bébé avec l’eau du bain. Bien sûr la méthode Montessori est une merveille, bien sûr il faut s’en servir. M’enfin, quand on regarde de plus près, on voit bien qu’il est possible d’en injecter les bases, les racines pour que l’arbre pousse sans tout péter au passage. D’ailleurs, bons nombres d’instituteurs s’inspirent déjà beaucoup de ces méthodes. De plus, ces méthodes de pédagogies nouvelles, si elles sont parfaitement adaptées à la maternelle et au primaire, me semblent perdre de leur pertinence dès qu’il s’agit du collège et du lycée. Un exemple concret : l’enseignement du français avec Montessori au collège et au lycée. Je trouve sur internet un papier d’une formatrice Montessori et chef d’établissement d’une école, collège et lycée montessori qui explique ce que c’est l’enseignement du français dans le secondaire avec cette méthode. Je me dis « Chouette », je vais enfin voir comment cette révolution montéssorienne se déplace jusqu’au lycée. Bon. Voici un extrait de cet article où c’est la prof de français (agrégée de lettres) qui s’exprime :

« Au collège et en seconde, l’objectif est donc de donner un goût pour la matière, un goût pour la vie, et non uniquement dans la perspective d’un examen. Nous travaillons donc sur trois plans :

Le partage – Chaque semaine, un élève présente un « personnage » de fiction. Lire un livre, c’est avant tout rencontrer un univers et des individus de papier. Les raconter aux autres, c’est donner un peu de soi. Pour ceux qui ne lisent pas ou peu, on peut également utiliser un personnage de cinéma, de jeux vidéo, ou même un personnage inventé. L’essentiel est de dessiner les contours d’un espace narratif.

Le cinéma – Nous regardons de très nombreux films, toujours proposés dans le cadre d’une thématique précise. Les élèves doivent rédiger des comptes rendus qui leur permettent non seulement de se construire une culture cinématographique, mais aussi d’aiguiser leur analyse et les réconcilier avec l’écrit en leur donnant envie d’argumenter sur une expérience. 

Les ateliers d’écriture – Après la lecture d’un texte en commun, pioché dans un répertoire très divers allant des classiques de la littérature française, aux tragédies grecques, en passant par les mangas, ou les incontournables de la littérature étrangère, les élèves poursuivent leur expérience à travers des rédactions. Selon leur sensibilité, différents parcours sont proposés, l’essentiel est de saisir que la lecture est quelque chose qui nous transforme. Le tout est ponctué d’exercices de grammaire, non pas présentés de manière arbitraire, mais utilisés pour enrichir l’écrit. »

Puis elle termine en précisant d’autres points :

« La méthodologie – Le bac français est une épreuve codifiée. Comprendre les attentes d’un examinateur, c’est aussi aborder l’épreuve plus sereinement. On a trop souvent l’habitude de détacher l’écrit de sa mise en pratique, ce qui donne la sensation à l’élève d’être perdu. L’accent est donc mis sur la méthode à travers de nombreux exercices de perfectionnement et la rédaction de fiches qui permettent à l’élève d’identifier un parcours et de saisir ce qu’il doit concrètement faire devant sa copie.

L’oral – Tous les textes présentés à la fin de l’année sont analysés scrupuleusement au sein des cours. Nous commençons par une lecture en commun, puis chaque élève travaille de son côté pour ensuite présenter son interprétation aux autres avant une correction globale. Ainsi, le travail d’assimilation est plus efficace car l’élève se confronte au texte au lieu de passivement recopier un corrigé. »

Bon, franchement, pas de révolution ici. Je veux dire, ce qu’elle dit est très intéressant. Très inspirant. Très rassurant aussi parce que je fonctionne un peu comme cette prof. Je fais dans l’ensemble les mêmes choses avec mes élèves, comme la plupart de mes collègues d’ailleurs ! Cette prof semble expérimentée, précise. On dirait une bonne prof. On dirait une très bonne prof. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’on en rencontre des dizaines comme elle dans le public, montessori ou pas, des dizaines qui ont la même façon de fonctionner qu’elle, que leurs méthodes soient dites « Montessori » ou pas, que ce soit conscient ou pas.

Je travaille sur un mémoire sur les REP. Je prépare une thèse sur les nouvelles pédagogies dans le secondaire. Cependant tout se mélange un peu en ce moment et toutes ces réflexions dont je vous ai fait part me laissent un peu pensive. Je ne sais plus franchement où est l’essentiel et ce qu’il faut vraiment défendre dans tout ce bordel…

7 réflexions sur “Réflexions sur l’école : Des contemporains qui l’accusent, de la réalité, de la possibilité d’enseigner le français en collège et lycée à partir des très à la mode « pédagogies nouvelles » et des classes sociales…

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  2. Moi-même j’ai été scolarisée dans le privé catholique du Ce1 au cm2. En CP, première de la classe, j’étais mise à l’écart avec une autre petite fille par ma maitresse elle-même parce qu’on était trop en avance par rapport au reste de la classe. Et un petit garçon m’a un jour menacée de mort parce que j’avais fait tomber son pot de crayons. Je m’ennuyais, et j’avais peu de chances de m’épanouir dans cet environnement. Donc rien de surprenant dans le choix de ma mère. Evidemment, les enseignants n’y sont pour rien en général, ni le fait que ce soit le public. Mon lycée public était super, avec des profs excellents, notamment une normalienne en lettres, et beaucoup d’autres agrégés ou certifiés d’ailleurs, aussi bien humainement que professionnellement. Le lycée privée d’à côté quant à lui avait son lot de désastres humains et professionnels, entre les profs cassants et ceux qui faisaient mal leur job, témoignages de quelques amis de confiance à l’appui. Donc le privé/public, ça ne veut rien dire, et parfois le pire n’est pas celui qu’on croit.
    Les méthodes j’ai envie de dire, qu’est-ce qu’on s’en fout si c’est du neuf ou du vieux, le tout c’est qu’il faut faire fonctionner son cours, essayer de transmettre le goût de la matière aux élèves, se renouveler quand c’est nécessaire, garder ce qui fonctionne. J’ai connu pas mal de profs qui emmerdaient l’éducation nationale et ses directives à la con, qui faisaient leurs cours comme bon leur semblait, et c’était souvent pour le meilleur. Et même si ça vient d’une élève « facile », je pense qu’on est beaucoup à penser ça.

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    • Merci pour ton commentaire. Ton exemple personnel vient étayer ma thèse que les très bons élèves, les élèves en avance ou bien les élèves qui se font chahuter par les autres trop brutaux/difficiles ont tendance à quitter le système public pour autre chose. (Bien sûr qu’il y a de bons profs dans le privé ou le public de façon totalement aléatoire, mais ce n’est pas ce que je cherchais à démontrer).
      Quant aux méthodes, tu as totalement raison et dans toutes les salles de classe que j’ai côtoyées ,on était tous plus ou moins d’accord avec toi : l’essentiel c’est que « ça » passe, que le cours « prenne », que l’élève comprenne ; cependant se poser des questions est toujours intéressants à ce propos justement parce que « ça » ne prend pas toujours (et c’est très visible en REP où les élèves se manifestent clairement :)). Les « nouvelles pédagogies » proposent des choses suffisamment différentes (à mon sens surtout pour la maternelle et le primaire) pour poser la question de leur usage, par exemple, pour des gamins de banlieues largués ou pour tout autre gamin en galère scolaire. Au jour le jour, en tant que prof, je valide ton « on s’en fout tant que ça marche », mais sur le long terme, j’ai envie d’aller au-delà.

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      • Par contre j’ai remarqué que tu parlais du niveau social aussi, et je tiens à préciser que je ne fais pas partie des plus favorisés non plus ^^ C’est en effet dommage que les bons élèves partent, mais dans mon cas c’était gênant. Mon frère à fait en grande section dans le privé ce que j’avais fait en CP.
        C’est surtout que je n’ai pas trop confiance en l’éducation nationale pour le moment, la réforme des collèges qui a des mauvais côtés, etc., j’ai un petit côté « anti-système ». Mais ce serait en effet mieux si à grande échelle les choses pouvaient s’améliorer, qu’on pouvait innover pour que ça fonctionne là où ça ne fonctionne pas 🙂

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  3. Je vous remercie pour cette réflexion intéressante.
    Néanmoins, je ne pense pas que ce soit les différences ou la peur de la mixité sociale qui poussent les parents à désirer une école différente (je ne distingue pas public et privée ici).
    Je n’ai personnellement eu aucun « problème » avec l’école public, j’ai ai passé toute ma scolarité avec de très bons résultats.
    Mais voilà, et si l’important finalement ce n’était pas les résultats mais autre chose… Malgré mes bonnes notes je vivais dans l’angoisse du mauvais résultat, du mauvais classement, du jugement du prof… et de mes parents ! Je ne les blâmes pas, on attend toujours le mieux de nos enfants et quand on nous donne la possibilité de comparer on saute sur l’occasion !
    Ce que je souhaiterais pour mon enfant c’est de ne pas avoir de comparaison. Je souhaiterais qu’il puisse apprendre à son rythme : s’il ne sait pas lire à 6 ans, est-ce grave ? La société est ainsi faite qu’il aura nécessairement l’envie d’apprendre à lire quand il est éprouvera le besoin, et il en éprouvera forcément le besoin, soit pour jouer un jeu ou simplement communiquer.
    Le système de l’éducation national ne permet pas cela. Il faut rentrer dans une catégorie (CP=6ans=apprendre à lire) et suivre le programme.
    Je souhaiterais que s’il se passionne pour l’Egypte antique, il ne soit pas obligé de passer à la Grèce antique la semaine suivante parce qu’il faut finir le programme. J’aimerais qu’il aille au bout de sa curiosité, de ses passions !
    C’est peut-être un peu utopique mais j’y crois ! La capacité d’apprentissage autonome des enfants est infinie !
    Je ne dénigre pas les instituteurs/professeurs, je sais que certain font un travail formidable ! Mais c’est le « certain » qui est embêtant. Je suis gênée par l’idée de faire reposer l’éduction de mon fils sur une loterie. Et quand bien même nous aurions de la « chance » la première année, qu’en sera-t-il des suivantes ? la pédagogie pratiquer par le premier maître sera-t-elle suivi par les suivants ?
    Et quand même la volonté du maître/professeur est là, ce n’est pas toujours si simple de l’appliquer. Je me rappelle une amie enseignante ayant suivie une formation Montessori me dire « C’est vraiement géniale mais ce n’est pas vraiment applicable dans la classe… ».
    Bref, à la rentrée en maternelle, j’aimerais pouvoir l’inscrire dans une école démocratique ou l’enfant est le centre et le moteur de son apprentissage. Ce ne sera malheureusement pas facile financièrement mais je pense que ça en vaut la peine.
    Pour moi la maternelle et la primaire sont les classes les plus importantes car elles forgent les bases de l’enfant : confiance en soi et en les autres, envies d’apprendre et de travailler, …
    Pour le collège je pense que nous le réintégrerons dans le système classique. Je pense qu’il aura les bases suffisantes pour s’épanouir 
    Je ne sais pas si mon témoignage vous aidera dans votre réflexion mais c’est en tout cas un autre point de vue. Je vous conseille la lecture des « chroniques d’une école du 3ème type » de Bernard Colot, enseignant d’une petite classe de campagne (public) et qui y a pratiqué une pédagogie qui m’a beaucoup inspirée !

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    • Merci beaucoup pour votre témoignage très intéressant. Je trouve votre réflexion pertinente et votre façon de la partager bienveillante. Je suis par ailleurs totalement d’accord avec vous et il est probable que je fasse les mêmes choix pour ma fille (même si, comme vous, le côté financier posera problème, et évidemment, ce n’est pas normal que l’éducation nationale ne puisse pas évoluer pour proposer le meilleur gratuitement). Je voulais aussi signaler que puisse que des gens comme vous et moi faisons ce choix de l’école alternative, les publics se compliquent encore davantage dans les écoles de la République et… il est encore plus dur de faire cours en tendant à modifier nos pratiques (ou alors il faudra mettre le système à plat et reconstruire ce qui risque de prendre un siècle). Je crois cependant qu’une évolution se prépare, mais elle sera très longue. Beaucoup de professeurs sont par ailleurs partisans d’enseigner avec des pratiques « anciennes », ils pensent que la rigueur, la discipline, la difficulté des corpus proposés (en français, matière que j’enseigne), apportent beaucoup. Peut-être qu’ils ont raison, mais alors pas avant 15 ou 16 ans, pas avant le lycée. A partir de la rédaction de cet article, j’ai beaucoup lu sur les écoles alternatives et ma vision s’est éclaircie. Je crois désormais, comme vous, que ce que proposent les écoles démocratiques sont une nouvelle voie qu’il faut emprunter. Ma question est désormais jusqu’à quel âge ? Et dans quelle société ? Mais si mes idées sont claires, je sais que je ne ferai pas l’unanimité auprès de mes collègues et, comme votre amie, je ne vois pas comment enseigner (vraiment) différemment en étant bridée par le fonctionnement actuel et les programmes, même si j’ai l’attention de proposer une classe test à la rentrée 2017 à mon Principal, en espérant qu’il me suive. J’en reparlerai alors ici. Merci aussi pour votre conseil de lecture que je vais m’empresser de suivre. A mon tour je vous conseille, si vous ne l’avez pas déjà lu, de vous procurer Libres enfants de Summerhill que j’ai chroniqué dans mon dernier article sur ce site et pour une vision radicalement opposée (mais passionnante aussi) les entretiens entre Georges Steiner et Cécile Ladjali.

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