L’esprit absorbant de l’enfant #3 : notes et réflexions des chapitres 9 à 16  : De l’apprentissage du langage et des erreurs de l’éducation actuelle

9782220053974On a l’habitude de dire « les enfants vivent au milieu de gens qui parlent, et c’est pour cela qu’ils parlent ». C’est une constatation superficielle, quand on considère les innombrables complications que présente le langage. Et pourtant, pendant des milliers d’années, on n’est jamais allés au-delà de cette constatation.

Tous les enfants possèdent une période où ils ne prononcent que des syllabes, puis des mots entiers et enfin se servent de la syntaxe et de la grammaire. Masculin/féminin, singulier/pluriel, exceptions, etc. : l’enfant absorbe le langage, l’apprend inconsciemment et intégralement ! Nous, adultes, si nous voulons apprendre une nouvelle langue, l’entreprise est davantage ardue : ce n’est plus la bonne période pour cette gymnastique mentale !

De 0 ans à 3 ans environ, l’enfant absorbe le langage, même au bout de quelques semaines de vie, lorsque son cerveau retient inconsciemment ce langage !

Après avoir atteint 2ans et demi en revanche, l’enfant entre dans une nouvelle période d’organisation du langage qui continue à se développer, cette fois sans explosion, mais avec beaucoup de vivacité et de spontanéité. Cette seconde période s’étend jusqu’à 6 ans, c’est alors que l’enfant peut apprendre un grand nombre de mots. L’importance du milieu est cette fois évidente : si l’enfant vit dans une famille qui ne parle qu’un patois, il ne parlera que ce patois ; inversement, si le vocabulaire de la famille est très étendu, le sien le sera aussi.

Des psychologues ont démontré qu’à 2 ans et demi, l’enfant ne connaît que 200 mots environ. A 6 ans, il pourra en utiliser des milliers !

  • Et voilà que l’enfant est ayant appris tout cela tout seul, nous l’envoyons à 6 ans en CP et lui proposons d’apprendre l’alphabet !! L’enfant construit tout seul… Sa grammaire et son langage également.

Il est cependant étonnant d’attendre le primaire pour enseigner la grammaire. Il faudrait le faire entre 3 et 6 ans, quand l’enfant est volontaire pour approfondir la case « langage » puisqu’il vient de l’apprendre inconsciemment pendant la période précédente (0à3 ans !). Si l’enfant reprend les conquêtes de la première période pour les approfondir pendant la deuxième (3 à 6 ans) comme le pense Maria Montessori, alors il faut en profiter.

Considérons donc le langage : Nous avons vu que l’enfant suit une méthode grammaticale pendant son apprentissage inconscient de la langue. Il emploie successivement les sons, les syllabes, les noms, les adjectifs puis les adverbes, les conjonctions, les verbes et les prépositions. Nous savons aussi que nous pouvons l’aider dans la seconde période selon la même méthode grammaticale.

Le premier enseignement est donc la grammaire ! Et non l’écriture ou la lecture. Cela paraît absurde à notre mentalité d’adultes… mais si nous y regardons de plus près, quelle est la base de la langue, sinon la grammaire ?

En lui apportant une aide GRAMMATICALE dès 4 ans, nous perfectionnons donc son travail d’apprentissage de la langue. Il faut enseigner la grammaire avant le primaire.

De la même façon, l’enrichissement du vocabulaire est propre à cet âge (3 à 6 ans). L’enfant est affamé de mot. Il faut donc lui en offrir, tout le temps, partout. Et ne pas apprendre 6 ans et les listes de vocabulaire à l’école : l’enfant n’y trouvera plus grand intérêt, cette période sera passée dans son cerveau ! La soif de mots des enfants à cet âge est ainsi insatiable et la possibilité d’en apprendre illimitée, alors qu’il n’en est pas ainsi dans la période suivante : ce sont d’autres facultés qui se développent.

  • La conclusion logique de Maria Montessori est simple : les termes scientifiques doivent être enseignés aux enfant entre 3 et 6 ans. Non pas d’une façon mécanique, naturellement, mais en rapport avec des objets qui y correspondent et avec l’exploration naturelle du milieu, si bien que l’enseignement est fondé sur l’expérience pendant cette période.

4 réflexions sur “L’esprit absorbant de l’enfant #3 : notes et réflexions des chapitres 9 à 16  : De l’apprentissage du langage et des erreurs de l’éducation actuelle

  1. Très intéressant ! J’ai pu constater avec mes enfants que l’intérêt pour le langage est présent dès la maternelle, même avant. Comme tu dis, l’enfant est affamé de mots. Il est même déjà réceptif aux jeux de mots (je pense aux livres de Claude Ponti ou au « Prince de Motordu »), aux différences de construction des phrases… Il faut donc répondre à leur demande à cet âge-là, et les apprentissages sont ensuite très faciles quand le vocabulaire et la grammaire sont déjà très diversifiés, avant même le CP.

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