L’esprit absorbant de l’enfant #1 : notes et réflexions sur les chapitres 1 à 5 (bases pour la compréhension de l’individu)

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Commence ici une série de 5 articles publiés tous les mercredis pendant un mois, articles reprenant mes notes et réflexions sur le livre L’esprit absorbant de l’enfant… 

Si les livres scientifiques (dans le sens d’érudit et non de la science qu’on opposerait à la littérature) ne vous font pas peur, je ne saurais trop vous conseiller d’approcher cet ouvrage de Maria Montessori (dont j’ai déjà parlé ici), peut-être celui de la médecin-pédagogue qui a le plus fait parler de lui (après l’ouvrage simplement nommé L’Enfant), j’ai nommé : L’Esprit absorbant de l’enfant.

Dans les premiers chapitres, on n’y découvre pas grand chose (sinon tout de même que l’esprit absorbant de l’enfant signifie dans les grandes lignes qu’un bébé, entre 0 et 2 ans, est capable d’accumuler davantage de connaissances, de savoirs et de compétences qu’il ne le fera durant tout le reste de sa vie !!! Et aussi qu’à peu près TOUT se joue durant cette courte période…) et on est baigné dans une atmosphère un peu béni-oui-oui : l’enfant doit être au centre du monde, c’est de lui que doit partir la réflexion et non du genre humain, l’enfant est unique, il créera la société de demain…  Pourtant il faut s’accrocher car la bonne surprise n’est pas loin…

Très vite, dès le chapitre V, intitulé « Le Miracle de la création »,  les choses se compliquent (d’un point de vue scientifique) et tourner les pages devient alors passionnant. En partant de la nouvelle science qu’on appelle l’embryologie et en passant par la science de l’eugénisme, Maria Montessori va brillament mettre en parallèle la création de l’individu (à partir de rien : l’individu ne préexiste pas en tant que petite femme ou petit homme dans le corps de la mère ou du père) et la création de la société. Elle va mettre ensuite en parallèle le fonctionnement du corps humain et celui de la société actuelle.

Elle montre l’intérêt de se transformer psychiquement pour exercer une profession, en plus d’apprendre la technique propre à cette profession, pour que l’individu trouve dans son travail « la réalisation de son propre idéal » qui devient alors le « but de sa vie » dans le monde :

 » Pour l’embryon chacun des organes est construit par des cellules spécialisées et a ses propres fonctions distinctes de celles des autres organes ; il est donc nécessaire que toutes ces fonctions s’accomplissent en vue de la santé de l’organisme entier, chaque organe étant fonction du tout » (p.40)

Elle explique que la logique voudrait que le monde entier soit, comme le corps humain, dirigé par un centre nerveux ; or chaque état procède à l’élection d’individus qui défendront d’abord leurs propres avantages puis éventuellement ceux de l’état. Si chaque organe agissait de la sorte dans le corps, la vie serait mise en danger…

 « Dans les formes les plus évoluées de notre civilisation, chacun peut, par les élections, se choisir un guide. Transportons cela sur le plan de l’embryologie : nous arrivons à l’absurdité. Si en effet, chaque cellule doit être spécialisée, celles qui dirige les fonctions pour toutes doit l’être bien davantage. Le travail directeur est le devoir le plus difficile, et il exige une spécialisation plus que tout autre. Il ne s’agit pas d’être élu mais d’être adapté à un certain travail ». (P.42)

Ainsi, pour Maria Montessori, l’embryologie peut apporter une certaine inspiration : le passage de rien au corps complexe de l’individu par les cellules est un des miracles constants de l’existence. Le développement psychique de l’enfant, et pas seulement celui du corps, semble dirigé sur le même plan créateur que celui de la nature : « Le psychisme humain part aussi de rien, ou de l’apparence de rien, de la même façon que le corps part de cette cellule primitive , qui ne semble pas, au commencement, différente des autres cellules. Chez le nouveau-né, il semble que rien psychiquement ne soit construit ». (P. 42).

*

Dans la continuité de ce chapitre, elle avance l’intérêt d’une autre science : l’écologie. Celle-ci permet d’étudier la correspondance des êtres entre eux. Et ainsi de comprendre la « fonction » de l’enfant (car approcher l’éducation de l’enfant de manière scientifique implique qu’on pose la question de la fonction de l’individu en général et de l’enfant en particulier). En étudiant la correspondance des êtres entre eux, on fait évoluer, selon Maria Montessori, la théorie du darwinisme : on ne pense plus seulement comme Darwin que l’homme a pour but d’évoluer vers un grand nombre de progrès successifs jusqu’à aboutir au perfectionnement de sa race. Mais on rajoute une nouvelle dimension à cette théorie de l’évolution, dimension apportée par l’étude de la correspondance entre les êtres.

En démontrant que les centres nerveux sont présents dans le corps AVANT les organes (!), la scientifique démontre que l’individu évolue en fonction de ses besoins (et de son rôle dans la société – en modifiant les organes ci besoin selon ce qu’indiquera le centre nerveux). Ainsi, chez les insectes qui sucent le nectar des fleurs se développent des trompes… Pourquoi certains animaux rampent ? et d’autres sautent ? Dans le but d’une « fin universelle » :

« Ces rapports ne doivent pas s’entendre comme étant ceux d’une aide réciproque entre être vivants, mais comme étant spécialement dirigés vers une fin universelle en relation avec le milieu : la nature ; chacun reçoit de l’ordre qui en résulte les éléments nécessaires à sa propre existence. » (p.45).

Le développement de cette nouvelle science qu’est l’écologie permet aussi de résoudre des problèmes locaux, comme le ferait la science de l’Economie pour la société. Par exemple, pour défendre un champ envahi par des plantes trop envahissantes pour le travail de la terre, on a recours à l’écologie qui indique les insectes capables de les détruire, qu’il faut donc importer pour rétablir l’équilibre.

==> Ainsi, les connaissances modernes sont plus compréhensibles et plus applicables à la vie parce que la vision de l’évolution se complète par les fonctions dans le milieu , elles s’approchent davantage de la vérité dans son unité.

D’où l’importance de la fonction de l’individu et de la fonction de l’enfant ! La vie n’est pas sur terre uniquement pour se conserver elle-même, mais pour y accomplir un travail essentiel dans la création et par conséquent nécessaire à tous les êtres vivants…

=> De tout cela découle, un plan, une méthode :

« Et ceux qui cherchent à aider la vie par l’éducation, considérant l’enfant en tant qu’être vivant en période de croissance, cherchent à interpréter quelle est sa place dans la biologie, càd dans le plan d’ensemble de la vie ; la conception linéaire de l’évolution qui explique la descendance par l’adaptation, l’hérédité et l’impulsion vers le perfectionnement n’est plus suffisante. Il existe une autre force qui harmonise tous les devoirs entre eux.

De même chez l’enfant, outre son impulsion vitale à créer et à se perfectionner, doit exister un autre but : celui d’un devoir à accomplir en harmonie avec un tout. »

L’enfant a donc une double fonction : il y a sa croissance dans son milieu (mimétisme), et son évolution indépendante de son milieu. Néant apparent de l’enfant qui rappelle le néant apparent de la cellule germinative… L’idée que le nouveau-né ne porte rien en lui des acquisitions de sa race, de ses parents, mais qu’il a lui-même à se construire est difficile à admettre, et pourtant… c’est ce qui se passe chez les races les plus différentes et les plus primitives comme chez les peuples les plus civilisés : le nouveau-né est toujours le même être inerte, vide, insignifiant.

Le nouveau-né doit donc entreprendre un travail de construction … (à suivre !)

 

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