La classe inversée ? Késako ? #rechercheenéducation #modernisonslécole #ifé-ENS

Dans le groupe de travail que j’ai rejoint à l’Ifé (Institut Français de l’éducation**), on réfléchit sur la modernisation de l’école. Notre atelier de recherche souhaite tout particulièrement faire évoluer les notions de « classe inversée » et celle d’école numérique. Le but est cette année de produire du contenu pour le site de l’Ifé mais aussi de partager des expériences concrètes autour du numérique à l’école et de la pédagogie inversée pour faire évoluer les pratiques des professeurs et des formateurs.

Si de plus en plus d’enseignants s’intéressent au concept de « classe inversée », la plupart d’entre eux ne sont même pas conscients que cette possibilité pédagogique existe. En effet, l’espé (ancien IUFM) ne parle absolument pas de ces pratiques novatrices aux futurs ou tout nouveaux enseignants qui viennent en formation dans leurs locaux, ou alors si cela arrive, c’est le hasard du formateur, et c’est de toute façon très rare.

On peut expliquer cela par le fait que ce concept est encore peu développé, peu connu, peu maîtrisé, en tout cas en France ; et c’est pour cela que des groupes de travail se forment autour de cette notion. Autour de ces thèmes, dans ma pratique pédagogique, je pars de zéro : j’intégrais jusque là très peu de numérique dans mes cours (c’est mal !) et je n’étais même pas sûre jusqu’à cette semaine de connaître avec pertinence la bonne définition de « classe inversée ».

Avant de vous expliquer les difficultés que j’ai immédiatement rencontrées (tout va finir par se régler…) face à l’intégration du principe de classe inversée dans mes cours, je souhaite reprendre une définition claire du principe de pédagogie inversée, qu’on soit certains de tous bien se comprendre avant d’aller plus loin.

La classe, telle qu’on la connait, c’est un prof debout face à une trentaine d’élèves (souvent plus…), déversant son savoir à un auditoire plus ou moins attentif. La classe inversée… inverse le principe d’apprentissage. Les élèves vont alors travailler leur leçon à la maison et effectuer des activités et des exercices à l’école, en petits groupes. Comment donc ? Plus besoin des profs pour apprendre une leçon. Eh non… Les leçons sont fournies sur des supports vidéos ou d’autres supports, que l’élève écoute, lit, reprend en note sur son cahier, le soir, chez lui. Finies les longues angoisses devant un exercice qu’on ne parvient pas à faire. De plus, l’élève est plus attentif seul face à sa leçon qu’en cours (Parlez pendant 20 minutes d’un sujet, peu importe lequel, devant une assemblée d’adolescents puis posez une question, demandez ensuite un par un à chaque élève de répéter la question que vous venez de poser… vous serez surpris du résultat : un long discours et vous perdez les trois quarts de votre auditoire). Par ailleurs, le lendemain, en cours, on communique, on échange. La classe devient un moment de communication qui s’articule et se construit sur les remarques et acquis des élèves. Les exercices sont effectués avec le professeur qui est plus mobile, peu passer de groupe en groupe et aider individuellement chaque élève. La présence en classe sert dès lors l’assimilation des connaissances acquises à travers les vidéos ou les documents envoyés aux élèves : du véritable soutien scolaire.

Evidemment, ce moyen de fonctionner réclame un travail du professeur abyssal en amont (mais aussi beaucoup plus d’aisance et de plaisir en classe pour lui et ses élèves). Evidemment, ce moyen de travailler est aussi plus « facile » dans certaines matières, et plus complexe pour les disciplines où la pratique est, en apparence, moindre (je pense notamment à l’étude des lettres).

Je listerai dans un prochain papier les avantages et les inconvénients de cette pratique, puis les moyens existants pour la mettre en oeuvre.

** L’Ifé est une composante de l’ENS. Implantée à Lyon, c’est une structure nationale de recherche, de formation et de médiation des savoirs en matière d’éducation, fondée sur une interaction permanente avec les communautés éducatives, grâce au recrutement de professeurs détachés et de professeurs associés.

Sur le plan international, l’Institut français de l’Éducation est inséré dans tous les grands réseaux de recherche, de l’UNESCO à l’OCDE. Grâce à ses ressources documentaires et à un dispositif d’accueil aussi simple qu’efficace, il est aussi la porte d’entrée  des chercheurs étrangers travaillant sur le système éducatif français.

Une réflexion sur “La classe inversée ? Késako ? #rechercheenéducation #modernisonslécole #ifé-ENS

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