Projet pour les ZEP : Désinformation et politique politicienne ?

C’est sûr, le plan de Peillon pour les zones prioritaires d’éducation qui doit être mis en place dès la rentrée semblait idéal : novateur, salué par la totalité des syndicats, encourageant en terme de moyens et de considérations…. Seulement, depuis presque trois semaines, tout cela semble nettement moins providentiel.

Malgré ces annonces positives et le soutien des syndicats, un certain nombre d’enseignants des collèges et lycées de ZEP ont fait entendre leurs voix sur les réseaux sociaux (twitter notamment). J’ai été surprise de voir se déchaîner ceux qui auraient du être les plus satisfaits.

« Pourquoi vous criez », j’ai en gros naïvement demandé. Et les réponses twittoresques n’ont pas tardé : « mensonges, ironie, trahison », et autre « gros foutages de gueule »… Collègues très très énervés. J’ai cherché à comprendre. Puis j’ai compris : alors que les annonces de Peillon qui doivent être mises en place en septembre seront bien mises en place dans une centaine d’établissements en grosses difficultés, d’autres établissements, pourtant en très grandes difficultés eux aussi, et classés ZEP, vont voir baisser leur DHG (dotation horaire globale) ce qui revient à devoir fermer des classes et/ou réduire le nombre de profs, donc à augmenter le nombre d’élèves pour une classe. Impensable en général, suicidaire en ZEP.

En réactions, les enseignants des ZEP font grève le 24 janvier. Résultats ? Les médias (quelques uns, surtout des journaux papiers) en parlent quelques jours plus tard. Et depuis ? plus rien. Je ne parviens pas à trouver un seul papier traitant du sujet datant de moins d’une semaine. Les enseignants de ZEP veulent des réponses, mais comme ils se battent seuls (je veux dire sans les profs des zones non-zep qui ne s’intéressent pas franchement au sujet) comme les médias s’en foutent (la théorie du genre fait vendre, pas les ZEP), comme les syndicats sont trop discrets sur le sujet, le ministère se tait !

Face  à l’absence d’information, je reproduis ici l’article (l’un des seuls qui parle da la manifestation ZEP) de Véronique Soulé, en charge de la rubrique éducation de Libé. Cependant, il date déjà de 10 jours…

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« Elèves de Guy Môquet, On tient à votre scolarité ! Nous allons perdre 84 heures de cours par semaine à la rentrée de septembre 2014. Pourtant le nombre d’élèves prévus augmente ! Luttons contre la baisse des moyens ! »
. Signé: les enseignants mobilisés du collège Guy Môquet de Gennevilliers, dans les Hauts de Seine.

C’est le branle bas de combat dans les collèges du département, ainsi qu’au lycée Galilée de Gennevilliers. Ces derniers jours, les équipes ont découvert leurs dotations horaires globales (les DHG) pour la rentrée 2014, c’est-à-dire le nombre total d’heures d’enseignement dont chaque établissement disposera.  Or, elles sont en baisse un peu partout, notamment dans les établissements Zep, les plus fragiles.

C’est la colère et surtout l’incompréhension. Le 16 janvier, le ministre de l’EducationVincent Peillon a annoncé à grand fracas un vaste plan pour relancer l’éducation prioritaire, chiffré entre 300 et 400 millions d’euros. Or, sur le terrain, c’est le contraire qui se passe…

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Du coup, plusieurs collèges se sont mis en grève. Et ce jeudi 23, une manifestation a eu lieu devant le siège de l’inspection académique à Nanterre.

Au collège Marguerite Duras de Colombes, les enseignants ont appris qu’ils perdront 42 heures hebdomadaires, alors que l’on attend 42 élèves supplémentaires. Cela devrait entraîner, selon eux, la suppression d’une classe et annuler l’ouverture, prévue, d’une autre.

Le collège Edouard Manet de Villeneuve la Garenne, l’un des premiers à s’être  mis en grève lundi  20 janvier, classé Zep et zone violence, a perdu 56 heures, ce qui pourrait entraîner la fermeture de deux, voire trois classes. L’équipe est particulièrement amère. En 2012, sous la présidence Sarkozy,  rappelle-t-elle, elle s’était mobilisée  contre la baisse de 33 heures de sa DHG. Elle avait alors reçu le soutien de François Hollande et de Vincent Peillon qui s’étaient même déplacés le  6 mars 2012:  ils « avaient déploré cette perte et s’étaient engagés devant la presse à agir une fois au pouvoir ».

Au lycée Galilée de Gennevilliers, souvent cité comme un exemple de réussite dans l’éducation prioritaire, l’équipe estime, elle, qu’il lui faudrait, à la rentrée 2014, 72 heures en plus pour maintenir les conditions d’encadrement actuelles, déjà dégradées en raison d’une augmentation imprévue des effectifs à la rentrée 2013. En réalité, selon elles, il faudrait 126 heures en plus « pour revenir aux conditions qui ont permis la réussite des élèves jusqu’à la rentrée 2013 ».

A total, les protestataires, soutenus par les syndicats – le SNES, le Sgen-CFDT, FO.. -,  ont calculé que sur 31 établissements en éducation prioritaire, 27 perdaient des moyens en septembre 204.

Plusieurs élus, dont le maire de Gennevilliers Jacques Bourgoin, étaient présents ce jeudi à la manifestation devant l’Inspection académique. Ils ont été reçus par l’inspecteur. Puis après eux, les représentants des professeurs en grève ainsi que des parents FCPE.

Des premiers signes encourageants sont alors apparus en fin d’après-midi. Le directeur académique, après avoir contacté le ministère, a promis des moyens à redistribuer pour la semaine prochaine.  Mais avant de désarmer, les protestataires attendent du concret.

Question: pourquoi tout à coup ces réductions de moyens, alors que François Hollande a promis de  créer 60 00 postes durant le quinquennat, et ce en priorité pour les établissements les plus fragiles ? Mystère…

En filigrane, la question qui se  pose est sans doute celle du financement de la réforme de l’éducation prioritaire. Vincent Peillon a assuré que cela se ferait « à moyens constants, et sans que personne n’y perde ». Mais est-ce tenable ?

Dès septembre 2014, 100 établissements parmi les plus difficiles devraient bénéficier des moyens  supplémentaires promis dans la réforme. Les Rectorats doivent maintenant les identifier en fonction de certains critères. En attendant, prudents, auraient-ils voulu économiser ailleurs afin de mettre des moyens de côté et de les redistribuer ensuite aux 100 heureux élus ? Affaire à suivre.

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