Les adaptations ciné de La Princesse de Clèves

 J’ai mis du temps à approcher le roman de Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves. Il y a quelques années, quand l’ancien président s’en est pris à lui déclarant, en gros, que ce livre lui était tombé des mains et qu’il était un supplice, j’ai eu envie de me pencher dessus à mon tour, histoire de me faire ma propre opinion.

J’ai donc lu et, bien que peu friande des romans précieux du XVIIe, j’ai immédiatement classé ce roman dans mon top 10 personnel des chefs d »oeuvre de la littérature (de « ma » littérature devrais-je dire puisque ce classement est très subjectif).

Quelle merveille que cette princesse qui décide de refuser de vivre sa passion pour justement la préserver. Quand on sait que toute passion s’affaiblit, c’est ingénieux, non ?

Récemment, j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence sur les adaptations de La Princesse au cinéma. Il y en a beaucoup, mais le conférencier a choisi de nous parler de trois d’entre elles.

Tout ça a ravivé à ma mémoire les souvenirs de ce roman et j’ai eu envie de partager ici quelques informations sur ces 3 adaptations, qui sait, peut-être que ces films seront alors regardés d’un oeil nouveau.

Lorsqu’on regarde une adaptation de livre sur grand ou petit écran, c’est pratique d’avoir déjà lu le livre : cela offre le plaisir de noter les choix du réalisateur et de découvrir sa propre vision du livre (forcement différente de la notre).

Ce qui ressort de toutes les adaptations du roman de La Fayette, c’est le rôle différent donné à la mère de la princesse. Alors que celle-ci est un personnage capital du livre (elle vole même parfois la vedette à sa fille) et de l’intrigue (elle aiguille le destin de la princesse avec ses leçons de vie et de morale), un seul réalisateur a choisi de conserver son rôle dans son film (il s’agit d’Oliveira).

Oliveira a intitulé son adaptation La Lettre (avec Mastroianni dans le rôle de la princesse).

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Amusants aussi sont les transpositions des réalisateurs : Honoré transpose l’intrigue dans une cours de lycée au XXIe siècle (le roman se passe dans la cour d’Henry II), Oliveira dans une famille bourgeoise du XXe siècle. Notez que le huis-clos et l’unité de lieu est respectée et aussi, et surtout, que ces transpositions prouvent à elles-seules l’intemporalité et l’universalité de ce roman somptueux.

Honoré titre son adaptation La Belle personne (avec le beau Louis Garrel, et Léa Seydoux).

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La dernière adaptation dont on nous a parlé date des années 60. Il s’agit du film de Jean Delannoy. Décriée à l’époque, notamment par Truffaut, parce que la Nouvelle Vague commençait de séduire et qu’on crachait sur tous les films qui n’en faisait pas partie, l’adaptation a été depuis reconsidérée. Avec Marina Vlady (La Princesse de Clèves), Jean-François Poron (Le Duc de Nemours) et Jean Marais (Le Prince de Clèves).

Le film de Delannoy est un monument. Les dialogues ont été créés par Cocteau dont on reconnaît la patte. Les costumes par Pierre Cardin. Chaque costume pesait plus de 30 kilos !

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On aurait enfin pu citer La fidélité, de Andrzej Zulawski (2000) avec Marceau et Canet.

Pour rafraîchir les mémoires oublieuses, le résumé du livre : 

La princesse de Clèves
1678

L’action se déroule, en 1558, à la cour du roi Henri II. Mademoiselle de Chartres, jeune orpheline de seize ans élevée par sa mère paraît pour la première fois au Louvre. Le prince de Clèves, ébloui par sa beauté, la demande en mariage. Mademoiselle de Chartres accepte ce mariage de raison.

Trop tard, la Princesse de Clèves rencontre le duc de Nemours. Naît entre eux une passion immédiate et partagée, à laquelle sa mère, Madame de Chartres la conjure de renoncer : « Ne craignez point de prendre des partis trop rudes et trop difficiles, quelque affreux qu’ils vous paraissent d’abord : ils seront plus doux dans les suites que les malheurs d’une galanterie ».

Le roman décrit avec beaucoup de minutie les étapes du sentiment amoureux chez les trois personnages, ses effets sur leur comportement et la lutte de la princesse pour ne pas trahir les préceptes maternels.

3 réflexions sur “Les adaptations ciné de La Princesse de Clèves

  1. Merci pour ce billet très instructif ! La Princesse de Clèves repose également dans mon panthéon littéraire du coup j’ai bien envie de découvrir les adaptations cinématographiques dont tu parles (j’avais plutôt apprécié La belle personne). Je vais essayer de trouver le film de Delannoy !

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