Les Faux-monnayeurs, d’André Gide

Jamais je n’aurais approché ce roman si je n’y avais pas été obligée. J’ai du le lire, je l’ai lu, et il est entré directement dans mon top 10 des romans les plus incroyables et les plus majestueux (les critères sont variables) que j’ai lus jusqu’à présent.

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D’abord le titre, les Faux-monnayeurs, pas très sexy, pas très attirant. D’autant qu’en réalité, le titre n’a rien à voir avec le livre, qu’on ne nous raconte pas du tout ici l’histoire d’un trafic d’argent (il y a malgré tout une ou deux scènes qui évoquent le sujet), mais que bien au contraire, Gide a choisi ce titre pour « brouiller les pistes », pour appuyer la démonstration qu’il établit tout le long de son livre : il y a un problème avec l’illusion romanesque.

Et pour illustrer ce problème : comment dire la vie, le vrai, la réalité, en écrivant des livres, -Où inventer, où mentir-vrai comme dirait Aragon-, Gide utilise le principe des poupées russes, ou plus littéraire, celui de la mise en abyme.

Première œuvre qu’André Gide ne qualifie plus de « récit » ou de « sotie » et qui bouscule les règles romanesques de l’époque, Les Faux-monnayeurs sont particulièrement difficiles à résumer, tant les intrigues et les points de vue s’enchevêtrent.

La construction du roman est très complexe et loin de la narration linéaire classique. Les genres narratifs sont, par ailleurs, multiples : journal intime, lettre, … Il arrive même que l’auteur s’adresse directement au lecteur. La narration est ainsi fondée sur une ambiguïté constante.

À travers cette œuvre, Gide montre les limites du roman traditionnel et son échec dans sa prétention à décrire la complexité du monde réel. Il souhaite libérer ainsi la littérature de son carcan narratif pour faire du roman une œuvre d’art créatrice à part entière, plutôt que le simple réceptacle d’une histoire racontée.

En quatrième de couv : 

Qu’un jeune garçon apprenne qu’il n’est pas le fils de son père, qu’il décide de ne pas se présenter à ses examens et de partir au hasard de certaines rencontres : jusque-là, rien que de très commun. Mais qu’il croise la route tordue de faussaires en tout genre, d’enfants qui trafiquent de la fausse monnaie ou de tricheurs ès sentiments, et l’histoire se transforme en une folle épopée où les différents fils se mêlent et s’emmêlent pour mieux finir par démêler tous les mensonges.

En parallèle ou après cette lecture, j’ai avalé d’une traite Journal des Faux-monnayeurs.

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Gide y raconte, au jour le jour, ses questionnements sur l’avancée et l’écriture de son roman. C’est très instructif pour découvrir les interrogations d’un écrivain, en général, mais ça apporte peu d’informations sur le roman en lui-même. Le document reste cependant génial, notamment parce que très peu d’écrivain ont publié d’eux-mêmes, immédiatement après un livre, le journal qui en explique la genèse.

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